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Cette version de l’origine de la dot donnée par l’auteur est tirée d’une légende intitulée les enfants de l’Afri-kara. Cette légende retrace les aventures de deux frères Fang Afiri et Ntumu Afiri qui vivaient dans le village de Nyong-Ayop. Les deux frères  vont avoir chacun de leur côté plusieurs enfants. Fang –Afiri, l’aîné va avoir comme premier fils Mvé-Fang et Ntumu Afiri, le cadet va quant à lui avoir comme fille aînée Angone Ntumu. Les deux enfants sont considérés comme frères et sœurs. Ils sont donc élevés de la sorte.

Toutefois, ces derniers vont avoir des rapports sexuels et Angone va se retrouver enceinte. Lorsque la nouvelle parvient aux oreilles de Ntumu Afiri, alors chef de village, ce dernier rentre dans une colère noire. Il considère cet acte comme grave et impardonnable. Pour lui, Mvet-Fang doit être puni sévèrement. Pour cela, il va devoir se préparer à un dur combat si la naissance de l’enfant se fait dans de mauvaises conditions. Heureusement, pour Mvet-Fang, l’enfant vit le jour en de très bonnes conditions.

Après cela, Ntumu-Afiri, décida de garder son petit-fils, mais en contrepartie, il réclama à son frère et à son fils en l’échange de l’acte incestueux et de la femme qui serait désormais sienne, les choses suivantes :

  • 50 bikukul bi ekyé (première barre de fer qui servirent de monnaie)
  • 50 bipbkwela (barre de fer de meilleure qualité qui servirent de monnaie après les précédentes)
  • 50 lances
  • 10 fusils

Après avoir donné ces produits, les deux jeunes gens se marièrent et quittèrent le village pour une destination inconnue. D’après cette légende, l’origine mythique de la dot serait l’amende consécutive à un acte incestueux.

Deux autres interprétations sont données chez les Ntumu pour expliquer l’origine mythique de la dot. Elles évoquent des alliances matrimoniales sans dot. Cette version est donnée par Ovono Ndong du village Melep (Bitam).

Tout d’abord, il y a la version correspondant à l’échange des femmes. L’auteur, rappelle que dans les sociétés Fang, les femmes n’étaient pas dotées. C’est l’amitié qui caractérisait les relations entre les groupes. Les hommes se promettaient ainsi des femmes. La promesse pouvait être à sens unique, mais en contrepartie, le prétendant devait faire preuve de dignité, de générosité et de gentillesse. Les Ntumu disent abo eyii c’est-à-dire faire preuve de plénitude morale. D’après cette version, la dot peut être interprétée comme une sorte de dette morale que les hommes ont à travers l’échange de femmes.

Plus loin, l’auteur rapporte une seconde version concernant une formule de mariage par échange de sœurs. Ce système permettait même à un fils unique d’obtenir une femme et ceci, grâce au pouvoir du nyambôrô, l’homme le plus âgé du groupe. Le nyambôrô avait le pouvoir d’échanger une fille du groupe voisin avec une autre même si cette dernière ne provenait pas du même ventre que celui du jeune homme qui allait se marier. Par son statut, il détenait tous les pouvoirs de décisions et imposait cette façon de faire à la mère de la jeune fille.

Néanmoins, avec l’évolution de la société, le nyambôrô a perdu ce pouvoir. Certains fils uniques ou alors de jeunes gens qui n’avaient pas de sœurs de même mère ne purent plus bénéficier de cet avantage. Avec le temps, comme le souligne l’auteur, les mères des jeunes filles ont dénoncé cette pratique. C’est ainsi que le système d’échange de sœur se limitait aux jeunes gens possédant chacun une sœur de même mère. Dans cette situation, le mariage était célébré sans dot. Un mariage sans dot pouvait aussi être possible entre un artiste renommé à qui un père donnait sa fille pour le récompenser de ses talents.

Toutes ces légendes laissent très peu de place au sentiment d’amour que peuvent ressentir les deux partenaires. Toutefois, Gaston Assoumou souligne qu’à l’époque traditionnelle, le mariage commençait par l’édzing, l’amour, l’evii, l’honnêteté et l’akap, la générosité. Le futur époux devait remplir ces qualités pour prétendre à une union avec une fille du groupe voisin.

La dot était aussi un moyen pour la femme de se sentir acceptée dans la famille de son mari. C’est pour cette raison que les femmes qui ne l’étaient pas le reprochaient à leur mari. Tant qu’elles n’étaient pas dotées, elles pouvaient désobéir à ce dernier, commettre des adultères ou alors abandonner le foyer conjugal pour retourner vivre chez leurs parents. C’est à partir de ce constat que les hommes Fang décidèrent de doter leurs femmes afin d’avoir des droits sur elles. La première forme de dot décrite par l’auteur serait l’akena, une bague que l’on appela medzo. Ce fût la première forme de Nsua à la suite, vinrent les bikpwela cités plus précédemment.

Cf Le mariage africain, entre tradition et modernité : étude socio-anthropologique du couple et du mariage dans la culture gabonaise. Auteur: Cornelia Bounang Mfoungue

Origine de la dot chez les Fang